Les vies perdues

Les vies perdues
Les médecins se précipitaient dans les couloirs. Tout s'agitait autour de moi. Assise à son chevet, je le regardais s'en aller, son esprit voguant déjà sur les flots tumultueux du paradis. Je savais qu'il ne s'en sortirait pas, pas cette fois. J'entendais les bips de son électrocardiogramme qui ralentissaient de plus en plus. L'être tant aimé de mon c½ur allait partir là où bientôt j'allais le rejoindre, car vivre sans lui met impossible. Je retraçais dans mon esprit les différentes étapes de ma vie. A ce jour, j'ai 20 printemps à peine, et la vie ne m'a pas laissé le choix. Avant qu'il ne s'en aille, j'aimerais vous raconter mon histoire...

CHAPITRE I

Mon nom est Rose, jeune fille désespérée dans un monde où liberté rime avec captivité. Où la seule règle pour survivre est de ne vivre que pour soi. Où les hommes s'entretue avec des armes qui crachent l'enfer. Nous sommes en 1990. J'habite à Brighton, en Angleterre. Nous sommes en plein mois de Février. Mon père est avocat, et ma mère professeur des écoles. Certes l'argent c'est pas ce qui manque, mais l'amour... L'amour n'existe pas. Vous savez ce que ça fait, vous, quand personne ne vous regarde ou ne vous demande comment vous allez, quand personne ne fait attention à vous ? Moi, je vis ça quotidiennement.
Au moment où je vous parle, mes yeux scrutent la ligne de l'infini, par delà la mer. Parfois, j'ai des envies violentes de m'enfoncer pour toujours au fond de l'eau ténébreuses des abysses. C'est pareil avec les Hommes, clair et beau en surface, mais sombre et mauvais en profondeur. Mais, au fond de la mer, tous les soucis s'effacent, et disparaissent pour toujours... Le soleil renvoie des nuances roses et orangées sur le bleu de l'océan. Il se couchera bientôt, et les ténèbres cacheront la lumière. J'ai souvent pensé au suicide, mais j'y ai toujours renoncé. N'y a-t-il rien ni personne sur cette terre qui me permettra d'être heureuse ?
A force de rêver à une vie plus belle, j'en ai oublié l'heure. J'ai regardé ma montre, elle affichait déjà 6h30. Le soleil s'était couché pendant mon évasion dans un autre monde. Je me suis levé, prit mon sac de cours, et j'ai couru jusqu'à la maison. Je n'aimais pas Brighton la nuit, tout semblait si différent. Notre villa était située dans un quartier résidentiel tranquille éloigné du centre ville. Pour ne pas être trop en retard pour le dîner, j'ai couru. Je suis vite arrivée à la maison. Je suis entrée discrètement pour ne pas me faire remarquer. Manque de pot, mon père débarque dans le salon, furieux.
- Où étais tu passé ?? On t'avait pourtant dit de rentrer directement après les cours ! Tu es censée être punie ! s'écria t-il.
- Punie de quoi ? Pour quelle faute ! ai-je crié.
- Pour ça ! s'énerva t-il en me donnant une grande gifle.
- Sale connard... ai-je murmuré.
- Quoi ? Répète ce que tu viens de dire !
Je me suis mise à pleurer, comme tous les soirs quand je rentrais chez moi. J'ai esquivé sa question et j'ai courut m'enfermer dans ma chambre. J'entendais mon père hurler tandis que je verrouillais la porte. Puis, je me suis jetée sur mon lit et j'ai pleuré, comme toujours, laissant mon chagrin s'évacuer sur mes draps. A force de pleurer, j'ai fini par m'endormir, comme d'habitude, sans faire mes devoirs, sans avoir manger. Mais, qu'est-ce qu'on est bien dans les rêves. C'est la dure réalité du monde dans lequel nous vivons. Les rêves servent à apaiser les peines, mais lorsqu'on se réveille tout disparaît. On se prend une bonne claque en pleine face pour nous dire d'arrêter de rêver et de penser à son avenir. Mais, quel avenir ?? Y a-t-il un avenir pour les jeunes perdus comme moi ? Non, le seul avenir qui nous est offert se trouve en Enfer...

Le lendemain, réveil très difficile pour aller en cours. Je suis descendue à la cuisine prendre mon petit déjeuner. Aujourd'hui, c'est mon anniversaire, j'ai 17 ans. C'est quoi 17 ans ? C'est un âge qui te rapproche de la majorité, mais finalement c'est quoi ? Je perçois chaque anniversaire comme un rapprochement vers la Mort, et comme un jour où je suis plus triste encore. Dans la cuisine, ma mère lit le journal en buvant un café. Pas de « joyeux anniversaire », mais j'y suis habituée. Je m'assois tranquillement avec un chocolat chaud, et un croissant. Puis, je lui demande :
- Tu ne te souviens même pas du jour où ta fille unique t'a fait souffrir en venant au monde ?
Ma mère a levé sur moi un regard étonné, avec un mélange de culpabilité et de honte.
- Mon dieu ma chérie, excuse moi ! J'ai oublié avec tout le travail que j'ai !
Des larmes ont coulés sur mes joues. Je me suis levée et j'ai crié :
- De toute façon, vous en avez rien à foutre de moi !!
Je me suis mise à courir et je me suis enfermée dans la salle de bains. Là, j'ai jetée de l'eau contre le miroir, j'ai hurler pour faire entendre mon désespoir. J'ai rincé mon visage à l'eau froide au moins vingt fois. Derrière la porte, j'entendais ma mère piailler :
« Désolé ma chérie, je vais t'acheter quelque chose tout à l'heure aux courses ! De quoi as-tu besoin ?? »
De ton amour, j'ai besoin de ton amour... maman...

Au bout d'un moment, je n'entendais plus ma mère derrière la porte. J'essuyais mes larmes, me maquillais rapidement, et me coiffais. Puis, je sortis de la salle de bains, prit mon sac et partit en courant jusqu'à l'arrêt de bus. Il y avait des imbéciles qui attendaient sagement que le bus les emmène dans l'endroit qui pour moi est un supplice. Assis toi, obéis, et ferme la. Voilà pour moi la descritpion du mot « école ». Mais, quelque chose me surpris. Un jeune homme que je n'avais jamais vu attendait sans rien dire, sans sac sur le dos. Il était adossé à l'arrêt de bus. Je le voyais de dos. Il avait de longs cheveux noirs, lisses, qui tombaient en dessous de ses épaules. Il était très mince et ne portait sur le dos qu'un t-shirt. Il devait avoir très froid. Tout le monde avait le regard posé sur lui. Il était le centre des discussions. Que faisait-il là ? Les mains dans les poches de son pantalon noir, large, qui cachait sûrement des frêles jambes. Il était si maigre. Au début j'ai cru que c'était une fille, mais non. Un mec s'approcha de lui et lui demanda une clope. Le garçon ne répondit rien. Il sortit un paquet de sa poche et lui tendit une cigarette. Le mec lui dit merci et retourna à sa place. Il m'intriguait tellement. Soudain, le bus arriva. Je sortis ma carte. Le jeune homme monta en premier et je l'entendis dire :
- Je n'ai pas de carte, mais j'ai besoin d'aller au lycée.
- Vous avez de l'argent pour un ticket ? demanda le chauffeur.
- Heu oui...
Le garçon chercha au fond de ses poches et trouva les quelques pièces qui allaient lui permettre d'aller à destination. Il tendit l'agent au chauffeur qui lui donna un ticket. Puis il alla s'asseoir au fond du bus contre la vitre. Je pris soin de m'asseoir sur les sièges à côté de lui. Je pus voir son visage... Des traits très fins... Un visage d'ange. Il avait les yeux légèrement maquillés, une bouche sensuelle, il était trop beau. J'avoue, je ne l'avais pas lâché du regard. Mais, quelque chose me dérangeait. Beaucoup trop maigre, pâle, et... Les bras couverts de marques rouges. D'accord, il tentait de fuir sa misérable vie en s'en allant... Il allait sûrement au lycée pour ça... Lorsque le bus arriva, nous nous sommes levés en même temps. Nos regards se sont croisés. J'ai cru fondre quand il me regarda. Il me fit signe de passer avant lui. Je le fis sans rien dire. Le sachant derrière moi, je me mis à rougir. Que m'arrivait-il ? Je le connaissais à peine, et je sentais en moi un feu que lui seul avait allumé. Etais-ce ça, le coup de foudre ?
Je suis descendu devant les grilles du lycée. Je regardais du coin de l'½il le garçon se diriger vers un groupe de gars dans un coin du lycée. Ils se serrèrent la main, puis le garçon aux cheveux sombres leur donna de l'argent, et en échange je vis un petit paquet plonger dans les poches de celui qui me faisait rêver. Puis, il alla s'asseoir sans rien dire sur un banc devant le bahut. Moi, je rentrais à l'intérieur de l'Enfer. Sans rien dire je me dirigeais vers ma seule amie. Elle était assise sur un banc. Elle était grande et mince. Elle avait des cheveux roux et bouclés. Un visage expressif aux yeux noisette. Je l'admirais trop. Moi aussi j'étais mince mais un peu plus petite qu'elle. J'avais de longs cheveux bruns et lisses qui m'arrivaient jusqu'à la chute de reins. J'avais moi de grands yeux noisettes. Je m'approcha d'elle et lui fit la bise. Puis lui demanda :
- Tu crois que le coup de foudre existe ?
Elle me regarda d'un air joueur.
- Pourquoi ?
- Ben j'ai vu un garçon tout à l'heure et franchement... Voila quoi. Je crois que j'ai craqué sur lui mais de toute façon je ne le reverrais jamais alors...
- Qu'est-ce que t'en sais ? Moi je crois au destin et je suis sûr que tu le reverras !
La sonnerie retentit, c'était l'heure d'aller s'enfermer. On se dirigea vers notre salle. Je m'assis à ma place habituelle, et oh surprise ! Je pouvais le voir sur le banc de là où j'étais. Je l'ai admiré pendant tout le cours. Il ne bougeait pas. Tout à coup, une voiture arriva, elle s'arrêta devant lui, et il partit avec elle. Puis, le cours se termina, et un autre commença. Ainsi de suite jusqu'à 4 heures. Quand la fin des cours arriva, moi et Ophélie (c'est comme ça que ma best s'appelle) on se mit à courir pour sortir de cet endroit dans lequel on étouffait. On alla s'asseoir devant la mer au même endroit que d'habitude. C'était sur une plage à côté du centre ville. Là, on prenait notre goûter, on parlait de tout et de rien, on s'amusait, comme deux meilleures amies. Quand j'étais avec elle, tout me semblait beau. Je l'aimais, d'amitié évidemment. Mais si j'avais été un mec, je serais sortie avec elle, et elle aussi pensait la même chose. On formait un tout. Si elle n'était pas là, je serais déjà partit. On aimait se tenir la main en public pour faire croire aux gens qu'on sortait ensemble. C'était marrant de les voir nous regarder comme si on était des extra-terrestres. Dans ce monde où l'amour est mort, voir des gens identiques qui s'aiment, c'est un crime contre l'humanité. Dieu a voulu qu'Adam tombe amoureux d'Eve, et Eve d'Adam. C'était ainsi et pas autrement. Ceux qui vont à l'encontre de ces préceptes sont considérés comme pêcheurs.
Ophélie sortit soudainement quelque chose de son sac. Elle me tendit un cadeau en disant :
- Joyeux anniversaire !!!
- Tu n'aurais pas du ! dis-je.
Je pris le cadeau d'Ophélie et je l'ai ouvert. C'était un adorable nounours avec un c½ur qui disait : « best friend forever ». J'ai sourit et j'ai prit Ophélie dans mes bras en disant :
- Tu seras toujours ma meilleure amie quoi qu'il arrive !!! Je t'adore !
- Merci beaucoup ! Contente que ça te plaise !
Après avoir discuté de tout et de rien, il fallait que je rentre chez moi, ou plutôt, que je retourne en Enfer. Là où mes géniteurs m'attendent. J'ai fait un gros bisou à Ophélie, j'ai prit mon sac et je suis rentré chez moi. Sur le chemin, j'ai repensé à ce garçon. Je revoyais son regard me fixer intensément. Son visage sur lequel on lisait la tristesse, et le malheur. Ses bras sur lesquels on voyait l'envie de partir. Je le reconnaîtrais parmi mille. Il était si... beau. Mais voilà que je sortis de mes rêves pour rentrer dans un nouveau cauchemar, en poussant le portail de ma maison. J'ai poussé la porte d'entrée, et je suis monté dans ma chambre. J'ai posé mon sac, quitté mon blouson et mes chaussures, et je suis redescendue au salon pour regarder la télé. Soudain, je vis mon père avec un air tueur, un sachet à la main. Ce sachet contenait de l'herbe. Avec Ophélie, on se fumait un joint de temps en temps, c'était vraiment très rare. Mais voilà que mon père a fouillé ma chambre et a trouvé notre réserve.
- C'est a toi ?? cria t-il.
Ma mère pleurait assise sur une chaise.
- Je peux t'expliquer ! dis-je à mon père.
- Il n'y a rien à expliquer !! hurla t-il, tu vas regretter de nous avoir cacher ça !
Il s'approcha de moi, m'empoigna par le col de mon t-shirt et me frappa plusieurs fois de suite. J'hurlai. Les coups tombaient de plus belle. Je sentais du sang sur ma lèvre. Soudain, ma mère attrapa mon père par le bras en criant :
- Ca suffit tu vas la tuer !!!!
Il s'arrêta, me laissa tomber au col, faible et dévitalisée. Il s'en alla dehors en claquant la porte d'entrée comme un fou. J'ai eu l'impression que les murs avaient tremblé. Ma vie s'était écroulée autour de moi. Ma mère alla chercher un mouchoir humide et soigna mes plaies. En faite je venais de me rendre compte que ma mère m'aimait et que je l'aimais aussi. En faite, celui que je n'aime pas, c'est mon père. J'ai dit a maman en reniflant et en suffoquant :
- Tu sais.... Je n'ai fumé... qu'une fois, pour essayer avec Ophélie... Après... elle m'a dit... de garder le sachet... (snif).
- C'est pas grave ma puce...
Elle me prit soudain dans ses bras et me blottit contre sa poitrine. C'était si bon de l'entendre respirer. Mes pleurs redoublèrent et je l'entourais de mes bras. Puis, elle m'aida à me relever, et m'emmena dans ma chambre. Elle me laissa me déshabiller, et me coucher. Elle vint m'embrasser en disant :
- Ca s'arrangera je te le promets... Je te le promets...
Elle se mit à pleurer.
- Ne pleure pas maman... je t'en prie...
Elle sourie puis s'en alla en éteignant la lumière. Dans le noir je repensais à sa phrase : « ça va s'arranger je te le promets ». Non.
Non. Au contraire. Une descente aux Enfers commence...
# Posté le vendredi 21 mars 2008 14:24
Modifié le dimanche 23 mars 2008 06:45

???

???
Voilà voilà !! Premier chapitre !!!

Alors, q'en pensez vous ??
# Posté le vendredi 21 mars 2008 14:28

coucou

coucou
Ce n'est pas Bill Kaulitz le personnage de ce livre ! Je me suis juste inspirer de son nom et de ces cheveux, qui vont d'ailleurs changer au cours de l'histoire !! Mais mon personnage est complètement différent du chanteur !


CE N'EST PAS UNE FIC C'EST UN ROMAN JE PEINE BEAUCOUP POUR L'ECRIRE DONC S'IL VOUS PLAIT NE ME DITES PLUS QUE C UNE FIC CAR CA ME REND DINGUE !! LOL
# Posté le vendredi 21 mars 2008 14:30
Modifié le dimanche 11 mai 2008 07:15

chapitre 2

chapitre 2
CHAPITRE II

Qu'est-ce que ma vie ?
Après ce jour où mon père m'a frappé aussi fort pour la première fois, pour ce paquet de chit, la situation a plus que dégénérée. Mon père me frappe tout le temps, et il s'est mit à frapper ma mère, qui prend ma défense. C'est quoi ce monde dans lequel on vit ? J'ai envie de mourir...
Le lendemain du jour où mon père avait pété un câble, je suis allée à l'école avec une lèvre tuméfiée, et des bleus au visage. Tout le monde m'a regardé d'un drôle d'air et ils étaient tous là à me demander :
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
Rien, rien du tout.
Forcément, j'ai été convoqué chez l'infirmière, et l'assistante sociale. Je n'ai rien dit. Sinon, j'allais m'en prendre une pleine tête. Si par malheur ils convoquaient mes parents, c'en était fini de moi. Je préférais mourir par moi-même que de me faire tuer sans raison. La seule à qui j'ai raconté ce qui c'était passé, c'est à Ophélie. J'allais dormir chez elle aussi souvent que possible. Mon père sombre dans l'alcool. Lentement mais sûrement. Depuis ce fameux soir... J'allais prendre une décision.
Je ne pouvais plus vivre. Plus respirer. Plus dormir. Plus manger. Je ne pouvais plus souffrir. J'allais partir. Un soir que je dormais chez Ophélie, j'ai essayé de lui en parler. Nous étions assise sur son lit à faire des colliers de perles de toutes les couleurs.
- Tu sais Ophé, lui dis-je, il y a quelque chose dont je voudrais te parler.
- Quoi ?
- Ben, t'as vu la situation dans laquelle je suis ?
- Oui, dit-elle en baissant les yeux, ça me fait mal de te voir souffrir.
- J'ai décidé de fuguer, de partir loin de ma famille.
Elle leva des yeux suppliants sur moi.
- T'es sûr de toi !!
- Oui. Je serais mieux ailleurs.
- Mais comment vas-tu faire ?? Dehors toute seule ?
- T'inquiète pas. Je trouverais, et je reviendrais aussi souvent que possible pour te voir. Je t'appellerais aussi, mais, je t'en prie, ne dit rien au lycée ni a qui que ce soit !
Elle soupira.
- D'accord ! dit-elle, mais, ce qui m'embête, c'est de te voir partir loin de moi.
- Je ne serais jamais loin de toi, la rassurai-je en la prenant dans mes bras, puisque je suis dans ton c½ur...
Je sentis des larmes coulées le long de mon bras. Je pleurais aussi et la serrai aussi fort que possible. Mais, je ne pouvais pas souffrir éternellement. Je ne lui ai pas dit mes réelles intentions. Nous avons parlé longuement de notre enfance ensemble, de notre amitié qui commença dans la cour de l'école. Une amitié indestructible. Puis, nous nous sommes endormies dans les bras de l'autre, en toute complicité. J'ai rêvé cette nuit là :
« J'étais nue, au milieu de nulle part. Dans les ténèbres, j'avais l'impression que des démons m'observaient. J'avais froid, le souffle haletant, des nausées, des crampes à l'estomac. Soudain, une lumière vive jaillit sur moi, m'entourant d'un faisceau lumineux. Puis, des voix autour de moi commençaient à hurler des mots incompréhensibles. Elles m'entourèrent et dansèrent sur le cercle de lumière en m'insultant. »
Je me suis réveillée en sursaut dans la nuit. Ophélie dormait paisiblement. Quel horrible cauchemar je venais de faire. Je secouai ma tête dans tous les sens. Je me suis levée, et je suis allée dans la cuisine boire un coup. Puis, je suis retournée me coucher auprès de ma meilleure amie. Des larmes ont encore coulées sur mes joues. Je me suis endormie jusqu'au matin.
Le lendemain, nous nous sommes levées difficilement. Nous avons déjeuner rapidement, puis nous sommes allées dans la salle de bains se préparer. Soudain, Ophélie quitta la pièce durant quelques minutes et revint avec deux colliers de perles. Elle s'approcha de moi, et me passa autour du cou un collier avec des perles violettes et argentées. Puis, elle se passa elle aussi un collier aux perles vertes et dorées. Puis, elle me regarda et dit :
- Pour sceller notre amitié dans ces bijoux.
J'avais envie de pleurer, mais je retins mes larmes. Je la pris dans mes bras.
- Tu seras toujours dans mon c½ur ! Je ne quitterais jamais ce bijou ! Il me suivra même dans la mort !
Elle me sourit. Puis, nous nous sommes préparées pour aller en cours. Nous avons passé une bonne journée ensemble, à rire et à rendre les profs fous de rage ! Enfin, à la fin de la journée, nous avons du nous quitter, peut-être pour toujours, je ne sais pas ce que le destin me réserve, mais je ne pense pas que ce soit superbe. Nous nous sommes regardées longuement. Nous savions toutes les deux que je partais, peut-être pour toujours qui sait ? Puis, j'ai vu des larmes coulées le long de ses joues blanches comme de la porcelaine. Je l'ai prit dans mes bras et je l'ai serrée très longtemps. Tout le monde nous regardait. Nous nous embrassions sur les joues. Puis, je l'ai lâché, et je suis montée dans le bus en la regardant pour la dernière fois. J'avais comme la drôle impression de quitter l'amour de ma vie. Je suis allée m'installer au fond du bus. Le moteur s'est mit en route. Elle, elle rentrais à pieds. Le car a démarré et je suis partie. « Je t'appellerais souvent » lui ai-je dis en la quittant. Mais, pourrais-je l'appeler de l'Enfer ?
Par la vitre du bus, le paysage défilait. La mer et la plage voguaient dans mon esprit. Les images défilaient comme dans un kaléidoscope. Soudain, assis sur un mur de pierre, je reconnus une silhouette que je n'avais jamais oubliée. Des cheveux noirs flottaient dans le vent, une chétive apparence vêtue de vêtements sombres. Mais l'image s'effaça aussi vite qu'elle m'étais apparue. La vitesse la dispersa dans l'espace. Je m'étais redressée à sa vue. Je me rassis au fond du siège, en soupirant. Puis, le bus s'arrêta et je descendis. Reprenant la route de chez mes parents, je marchais en me rémunérant les étapes de ma fuite de ce soir. Je comptais partir dans la nuit, quand la maison sera sans vie. Je prendrais quelques affaires, de l'argent, et je me tirerais de cet endroit. Puis, j'irai traînée sur le Brighton Pier. Au milieu de la nuit, je doute qu'il y ait beaucoup de monde. Puis, je m'approcherais de la rambarde de bois, là où la hauteur est la plus haute et la mer, la plus profonde. Et, je sauterais. A moins que le destin m'en empêche. Pendant que je ressassais tout ça, j'arrivai chez moi. Etrangement, la maison était calme et sans vie de l'extérieur. Je me suis approchée et j'ai poussé la porte d'entrée. Et là, je vis avec horreur ma mère, allongée sur le canapé, du sang coulant de son nez et de sa bouche. Elle était pâle, et immobile. Je me suis jetée sur elle en criant : « maman ! ». Je la secouai doucement, puis elle murmura quelque chose d'incompréhensible. Puis, mon père débusqua dans la pièce, ivre mort. Il ne comprenait plus ce qui se passait. Il ne voyait pas qu'il devenait complètement fou ! Je versais toutes les larmes de mon corps. Je me suis jetée sur le téléphone, et j'ai essayé d'appeler les urgences. Le téléphone avait été coupé je ne sais comment. Soudain, j'ai entendu un gros « boum ». Mon père était tombé au sol. Qu'il y crève ! J'ai soulevé ma mère et j'ai essayé de la porter jusqu'à son lit. Puis, je lui ai nettoyé ses plaies, et l'ai embrassée sur la joue. Je suis remontée dans ma chambre et je me suis enfermée à doubles tours, craignant mon père. Je me suis installée à mon bureau et j'ai écrit une lettre. Je l'ai réécrite au moins 5 fois, laissant des boules de papiers traînées au sol. Voilà ce que ça donnait :

"Chère Maman

Désolé de devoir te quitter, mais je n'arrive plus à respirer. J'en ai trop marre. Marre de cette vie qu'on m'a donnée, marre de ce manque de liberté, marre de me faire frappée sans raison. Pardonne moi, je t'en prie, mais je m'en vais... Les blessures de mon c½ur commencent à se lire sur mon corps, je ne veux pas que ça continue. Je vais partir pour continuer à vivre. Je t'aime maman, mais si je reste auprès de toi, tu risques de me perdre pour toujours. Dis à papa que c'est un connard et que je le déteste, fais lui-même lire la lettre, et dis lui bien que si je pars c'est à cause de lui. Ne t'inquiète pas pour moi, tout ira bien...

Une larme se dépose sur le mot « bien ».

...je trouverais un travail, un petit appart. En attendant tout ça, je vais vivre dans un motel avec l'argent de mon compte. N'appelle pas la police, tu compromettrais mon avenir... Je t'aime maman, et je t'ai toujours aimé, même si parfois c'était dur entre nous. C'est papa qui gâchait tout. Quitte le, maman je t'en prie, je ne veux pas te perdre. Pars de la maison, trouve toi un autre homme, et peut-être qu'après ça, je reviendrais auprès de toi...

Ta fille qui t'aime, Rose »

J'ai pleuré tout ce qui pouvait me rester à pleurer. Je m'imaginais déjà loin d'elle, loin de son visage, loin de son c½ur, loin de ma maman tout simplement. Je n'avais jamais réalisé que je l'aimais autant ! J'ai prit ma lettre et je suis descendue calmement au salon, craignant de voir débarquer mon père, mais non, il était toujours par terre. Puis, je suis allée auprès de ma mère, j'ai glissée la lettre à côté d'elle, et je l'ai regardé pendant quelques minutes. Je l'ai embrassé sur la joue.
- Je t'aime maman, ai-je dit tout bas.
Ensuite, je suis remontée dans ma chambre, je me suis enfermée, et j'ai fait mon sac. J'ai fourré des vêtements un peu n'importe comment à l'intérieur, mon porte monnaie, quelques objets d'hygiène, et de la bouffe que j'avais ramenée plus tôt dans ma chambre. Pour éviter de redescendre au salon, j'ai fait une corde avec mes draps, et j'ai attendu. Attendu qu'il soit au moins deux heures du matin. J'ai dormi un peu, j'avais prévu mon réveil à 2h30. Ca me laissait quelques heures pour me reposer. J'avais mal au ventre. C'était peut-être l'angoisse de sauter dans un monde que je ne connaissais pas. Je me suis assoupie, mais pas longtemps, car le réveil me réveilla et j'avais l'impression de n'avoir pas dormi. Ce qui était le cas. Je me suis levée, et j'ai tout de suite empoigné mon sac. J'ai lancé ma « corde » et j'ai enjambé la fenêtre. Je me suis accrochée au draps et j'ai glissé jusqu'en bas. Arriver au sol, j'ai couru jusqu'au portail, je l'ai escaladé, et une fois à terre, j'ai respiré un grand coup. L'air frais de la mer me caressait la joue. Ca faisait du bien. Je me suis mise à courir jusqu'au centre ville. Pour dire la vérité, j'étais terrifiée, seule, en pleine nuit d'hiver, dans cette grande ville sombre. Il pouvait m'arriver n'importe quoi. Comme je l'avais dit, je me suis rendu au Brighton Pier, cette immense fête foraine, garnie de machine à sous, qui s'étend sur des centaines de mètres au dessus de la mer. La nuit, toutes les attractions, les restaurants, les bars, sont fermés. J'ai couru jusqu'au bout du pont, derrière les manèges. Je me suis tenue à la rambarde de bois, et je me suis penchée pour voir la mer se déchaînée sous mes pieds. Il y avait du vent, et des vagues s'écrasaient contre les colonnes de fer portant le Brighton Pier. La hauteur me faisait trembler. Mes larmes n'avaient pas arrêtées de couler le long du chemin. J'ai croisé des clochards dans la rue, des jeunes qui traînaient sans savoir où ils allaient. Ca m'a rendue encore plus triste. Je n'en peux plus... J'en ai trop marre... Ca s'arrête là pour moi...
Je suis montée debout sur la rambarde, laissant mon sac à terre. Je sentais le vent me poussée comme pour me dire de sauter. J'avais peur, mais en même temps, tellement envie de partir. Je voyais l'horizon en face de moi, cacher par la nuit, et j'avais l'impression de ne plus être sur terre. J'avais l'impression de voler. J'ai renversé ma tête en arrière, laissant mes dernières larmes coulées le long de mon cou, et j'allais me laissée tomber quand j'ai entendu quelqu'un derrière moi crier :
- Ne saute pas !!!
J'ai voulu me retourner mais, mon pied a glissé et je suis tombée en poussant un cri. Je me suis retenue à la rambarde mais je sentais que j'allais lâcher. Au pire, c'est ce que je voulais. Mourir... Mais, quelqu'un m'attrapa et me hissa de toutes ses forces, puis, me laissa tomber sur le pont, en larmes. Je pleurais, comme une folle. A genoux sur le sol. La personne qui m'avait sauvée me recouvrit le dos d'un vêtement en disant :
- Est-ce que tout va bien ?
C'était un homme. J'ai levé la tête vers lui, et...
# Posté le samedi 22 mars 2008 13:10
Modifié le samedi 22 mars 2008 13:27

suite chap 2

C'était lui. Ses longs cheveux noirs brillaient à la lumière des faibles lampadaires. Ses yeux me regardaient avec pitié. Toujours vêtu d'un T-shirt noir, et d'un jean. Son visage était...
- Je... lâchais-je en un souffle, hum...
Je re-pleurai de plus belle. Il s'agenouilla à mes côtés, puis dit :
- Pourquoi as-tu voulu faire ça ? Qu'est-ce qui t'as pris ?
Il posa ses deux mains sur mes épaules et me secoua.
- Lâche moi ! lui criai-je.
Je le repoussai violemment, et m'assis par terre dos contre la rambarde. Il se releva, et me regarda tendrement.
- Désolé, dit-il, je ne voulais pas te brusquer.
- C'est pas grave... snif.
Il s'agenouilla devant moi et me prit soudainement dans ses bras. Je sentais sa chaleur. Je ne pouvais plus bouger. J'étais tellement bien.
- Je te reconnais, me dit-il, tu es la fille que j'ai vu au bus. Dis moi, pourquoi une si jolie fille comme toi en est arrivé là ?
- J'en... ai marre...
- Tu n'es pas obligé de me le dire. Rentre chez toi, c'est mieux pour toi que cet endroit.
Il se releva, et je quittai sa présence chaude.
- Tiens... dis-je en lui donnant sa veste, tu vas prendre froid.
Il remit sa veste sur le dos.
- Au faite ? lui demandai-je, tu me demande pourquoi je suis là, mais toi, qu'est-ce que tu fais là ?
Il répondit tout en s'allumant une clope et en la mettant à la bouche :
- Les affaires.
- Je vois...
- Tu vois quoi ?
- Rien. Au faîte, comment t'appelle tu ?
- Billy, mais appelle moi Bill, je préfère. Et toi ?
- Rose.
- C'est très joli.
- Merci.
On est resté sans rien dire quelques minutes. Je l'observais. Il était si mince, il était même presque... maigre. Mais si beau. Il tremblait de toute part. Je décidai de casser le silence.
- Au faîte... heu... Bill, merci beaucoup de m'avoir sauver. Je serais déjà morte si tu n'avais pas été là.
- Ouè. Tu serais en train de te noyer dans cette eau glacée qui n'aurait en rien altéré ton malheur...
- T'es vachement poète !
- Je sais.
(Le vantard).
- Nan, repris t-il, tout ça pour te dire que tu as l'avenir devant toi ! Essaie de le rendre le plus beau possible.
- Il n'y a rien qui m'attend dans le futur.
- Il n'y a rien qui t'attend au paradis non plus.
La façon dont il me dit cette phrase me laissa sans voix, et le pire, c'est qu'il avait raison.
- Qui te dit que je n'aurais pas été en Enfer ? lui demandai-je.
- Les anges ne vont pas en Enfer.
Il avait réponse à tout, et j'aimais ça. Chacune de ses phrases résonnaient dans ma tête. Je le vis écrasé sa clope par terre, puis, il ramassa mon sac, l'observa, et me le donna.
- Je vois que tu es désormais « sans domicile fixe » ! souri t-il, tu n'as pas d'endroits où dormir ?
Je fis non de la tête.
- T'as qu'à venir à la maison ! Les autres seront d'accord...
- Les autres ?
- Oui. Les autres. Vient, continua t-il en me prenant par le bras, ne restons pas plus longtemps dans le froid. Nous parlerons de tout ce que tu voudras, mais au chaud.
Il me lâcha et nous marchâmes en silence. Il me conduisit parmi des ruelles sombres. Je me mis à avoir peur, et sans le faire exprès, je me suis collée à lui. Il me sourit, puis prit ma main. Je lui rendis son sourire. Il m'emmena dans un pub encore ouvert. Nous rentrâmes à l'intérieur, et la chaleur de la pièce me réchauffa de la tête aux orteils. Ca faisait un bien fou. Dans le bar, il y avait plusieurs tables dont une dans le fond de la pièce. Nous allâmes nous asseoir là-bas. Des hommes bourrés dormaient à moitié. Le patron s'approcha de nous et nous demanda :
- Vous désirez quelque chose ?
On s'est regardé et je savais bien qu'il n'avait pas d'argent.
- Un thé, s'il vous plaît, dis-je (je me tournai vers Bill) et toi ? Tu veux quelque chose ? N'hésite pas, je te le dois bien, et en plus tu es gelé !
- Ok. Ben un thé comme toi.
- D'accord, ce sera deux thés s'il vous plaît.
Le patron repartit puis Bill me dit :
- Je voudrais savoir, parle moi, ça te fera du bien d'en parler !
J'ai respiré un grand coup, puis, je l'ai regardé dans ses yeux profonds cernés de noir. Je ne lui résistais pas. Mais qu'avait-il de si attirant ? Tout sans doute.
- Ben... c'est dur tu sais... (Et voilà qu'il me fait pleurer). Ben si tu veux, ça a commencé il y a deux ans. Mes parents sont devenus insupportables. Ils m'étouffaient, je ne pouvais plus respirer. Puis, mon père a lentement sombré dans l'alcool, et il... a... commencé à me frapper, moi et ma mère... Ce soir quand je suis rentrée, je l'ai retrouvée...
Je fis une pause pour me moucher.
- Excuse moi, dis-je à Bill.
- Ce n'est rien !
Le serveur nous apporta notre thé.
- Merci ! Je l'ai retrouvée, continuai-je, couverte de sang... Sur mon canapé. J'avais déjà décidé de partir mais là, ça m'a convaincu.
- Et ta mère ? demanda t-il, que va-t-elle devenir ?
- Je lui ai écrit une lettre en lui disant de le quitter, mais, je ne sais pas si elle le fera. Je vais attendre un mois ou deux et je l'appellerais. Pour savoir si elle va bien.
- C'est le mieux à faire.
Il but un peu de thé, puis, se pinça les lèvres. Je séchais mes larmes et l'admirais secrètement. Ses cheveux, ses yeux, ses lèvres, je l'aimais déjà je crois...
- Et toi ? Raconte moi un peu où tu vis...
- Dans un squat, me coupa t-il.
- Un squat ? Mais pourquoi ?
- Où crois-tu que des drogués sans domicile peuvent-ils vivre ? On ne va pas se laisser abattre comme des chiens ! Alors, on se bat... On joue les durs mais, en faîte, on est... faibles (sa voix se noua. Ne pleure pas !!) Tout à commencer il y a longtemps. Je n'avais que 5 ans quand ma mère nous a quittée. La vie est devenue un enfer pour l'enfant que j'étais. Mon père est devenue un alcoolique, il a commencé à me frapper à 8 ans, et vers 12 ans... il... il m'a... il m'a...
- Quoi ? demandai-je, qu'est-ce qu'il t'as fait ??
- Il m'a violé.
J'étais sans voix. Par rapport à lui, mes problèmes avaient l'air ridicules.
- Après ce jour, reprit-il, je me suis enfui, comme toi. Mais, que peux tu faire à 12 ans, sans ressources dans une ville inconnue... J'habitais à Canterbury avant de venir à Brighton. J'étais seul, orphelin. Mais, un homme m'a prit sous son aile après m'avoir trouvé, endormi près d'une poubelle. Il s'est occupé de moi jusqu'à mes 16 ans, puis il m'a laissé voler de mes propres ailes. Je lui dois tout. Puis, j'ai trouvé la bande de potes avec qui je vis en ce moment. C'est comme une famille. Je les aime de tout mon c½ur. On forme un tout. Enfin, voilà quoi.
- Et la drogue ?
- Ca, c'est arrivé vers 15 ans. Je commençais par fumer des joints, du cannabis et tout ça quoi. Puis, est arrivé la cocaïne, l'extasie, et là, c'est la descente totale quoi. Mais, tu sais, si tu viens vivre avec nous je ne te forcerais jamais à te droguer sache-le.
- Je sais, j'ai confiance en toi.
- Merci, me dit-il avec son plus grand sourire, mais, tu sais, au début, la drogue ça fait planer, tu te sens bien, et tu te dis : une fois de temps en temps, ça ne peut pas me faire de mal. Mais, quand tu t'aperçois que ce n'est plus une fois par semaine, mais 10 fois par jour voir plus, tu te dis, que... tu es foutu. Et tu ne peux plus rien y faire car tu ne peux plus te passer d'Elle. Tu es vulnérable, sans ressources, prit dans un cercle vicieux qui se referme de plus en plus contre toi. Certains ne veulent pas le voir, mais moi, je le sais... Je vais en crever. Je ne peux plus passer un jour sans me faire un fixe, ou sans sniffer, ou sans fumer...
Il baissa la tête et une larme noire coula le long de sa joue, puis une autre, et enfin, il pleura. Il mit son visage entre ses mains, et je lui tendis un mouchoir.
- Merci, dit-il, je suis désolé.
- Désolé de quoi ? demandai-je, je ne vois pas quelle faute tu as commise.
Nous avons bu notre thé en silence. Puis, je me suis levée, et je suis allée payer au bar.
- Ca te fera 4 £ ma jolie !
- Voilà.
Je suis retournée à ma place. Je souris à la vue de Bill, qui, couché sur la table, dormait presque. Je l'ai secoué un peu par le bras. Il s'est redressé d'un coup, a baillé, puis m'a dit :
- Désolé, mais, je suis très, très fatigué (en même temps, c'est 3 heures du matin). Faut que je te dise aussi, que tu soies prévenue quand même, que... je suis malade.
- Qu'est-ce que tu as ?
- Certain appellent ça une maladie, moi je pense que ça peut s'arranger. Je suis anorexique.
- Désolé, mais...
- Tu t'en doutais ?
- Oui.
- C'est vrai que quand tu vois un mec comme moi d'1 mètres 80 et que je pèse seulement 50 kilos. En plus, avec la drogue et le manque d'argent, ce n'est pas facile à gérer. Heureusement que j'ai ma minie maman pour veiller sur moi à la maison. C'est Elise, une grande amie, elle prend soin de moi tout le temps.
Je lui souris, les yeux tout petits, car très fatigués.
- On y va ? demanda t-il.
- Oui, allons-y !
On s'est levé en même temps, et il m'a prit par la main. Nous sommes sortis du pub et à nouveau, nous avons pénétré dans le froid de l'hiver. Nous avons marché jusqu'au squat, qui se trouvait dans une rue où presque toutes les maisons étaient abandonnées. C'était une petite rue très serrée. Pour rentrer dans le squat, on passait derrière la maison, par une toute petite ruelle, cachée des yeux indiscrets. Les volets du squat étaient tout le temps fermés, pour éviter que la lumière se voie de l'extérieur. Bill me raconta, que, lorsqu'ils ont emménagés dans le squat, ils n'utilisaient pas encore l'électricité, et qu'ils vivaient dans le noir, à la bougie. Mais, mieux vaut être dans un endroit peu éclairé et chaud, que dehors, dans le froid glacial. La maison était dans un piteux état quand ils y ont emménagés. Ils se sont débrouillés pour l'arranger et faire quelques travaux. Ils avaient trouvé une vielle cuisinière à gaz d'occasion dans un magasin de troc. Désormais, c'était leur domicile.
On est passé dans la petite ruelle, et Bill a ouvert la porte. Elle donnait directement dans la cuisine. Il me fit entrer, referma la porte, et alluma la lumière. La cuisine était composée d'un petit établi, avec la cuisinière, un lavabo, et un mini frigo. Il y avait une table avec quelques chaises défoncées. Dans un coin de la cuisine, il y avait un escalier. Il y avait un petit couloir en face de la porte. Bill m'y mena. Nous arrivâmes dans le salon. Deux canapés troués étaient installés devant un petit poste de télévision, et une chaîne hi-fi était posée sur un vieux meuble en bois. Sur la gauche, il y avait des toilettes. On est retourné dans la cuisine et nous sommes montés à l'étage. En haut, il y avait deux chambres. Bill m'expliqua que 3 personnes dormaient dans la même chambre, et que 2 autres (un couple) dormaient dans l'autre. Les chambres étaient grandes, mais meublées seulement de matelas, et d'une vielle armoire par chambre. Il y avait aussi une salle de bains, et des toilettes au bout d'un couloir. Nous rentrâmes dans une des chambres, celle où Bill dormait. Il m'a montré son « coin ». Son matelas était contre le mur de gauche, et il avait disposé quelques photos, les seuls bons souvenirs qu'il avait de son enfance.
- Tu vois, dit-il, nous sommes 5. Il y a moi, John mon meilleur ami, et Mike, qui dormons dans cette pièce, et Elise et Jerry, qui dorment ensemble dans la pièce d'à côté. Et maintenant, il y a toi !
Il me fit un grand sourire. J'étais mal à l'aise de m'incruster chez eux comme ça, alors qu'ils en avaient bavés. La maison était très propre malgré leur pauvreté. C'était sûrement Elise qui s'occupait de ça. Bill m'expliqua que les autres étaient de sortie.
- Bill ? avouai-je, je ne devrais pas rester.
- Pourquoi ? demanda t-il. Ah, je vois ! Tu as peur de ne pas être accepté ?? Ne t'inquiète pas ! Y a pas plus cool qu'eux. Mais par contre, si tu restes, faudra te trouver du travail, car tout le monde essaie de contribuer à notre survie. Tu vois ?
- Oui ! Oui ! Ne t'inquiète pas, je comptais cherché du travail de toute façon ! Au faîte, qui fait quoi ?
- John travail en tant que jardinier au black, Mike n'en glande pas une, moi, je fais des petits boulots par ci par là, et Jerry et Elise travaillent ensemble, enfin... On peut dire ça.
- Qu'est-ce qu'ils font ?
- Ben, Elise... se prostitue. Et Jerry veille sur elle pendant qu'elle est avec un client, tu vois ? Il l'attend, et l'accompagne.
J'étais sans voix. La pauvre. J'aimerais bien savoir ce qu'elle ressent. Si un jour, je me lie d'amitié avec elle, j'essaierais de lui demander.
- On n'a pas à se plaindre, il y a pire que nous sur terre. Certes, ça arrive qu'on ne mange presque rien certains mois mais bon, c'est la vie.
- Oui, c'est sûr, dis-je sans voie, perdue dans mes pensées.
Il m'a fait signe de s'asseoir sur son lit. On s'est installés et avons attendu le retour des autres en discutant de tout et de rien. Il me racontais des blagues à deux balles mais me faisait trop rire ! Au bout d'un moment il m'a dit :
- Reste-là ! Je vais te faire un thé !
Il est descendu en bas. Moi, je me suis levée, et je suis allée dans la salle de bains pour voir quelque chose. J'ai regardé dans les placards... J'ai pu y trouver tout ce qu'il y avait à trouver. Shit, Lsd, cocaïne, ecstasie, morphine, cannabis, enfin tout ce qui pouvait exister dans ce monde de merde. Au dessus du lavabo, il y avait des seringues, et chacun avait la sienne. Je me suis laissée tomber par terre en pleurant, ça me désolait de voir de telles choses. Comment c'était possible ? Soudain, j'ai entendu Bill me dire :
- C'est ça que tu voulais voir ? C'est ça ?
J'ai levé la tête. Il était appuyé contre le bord de la porte, avec ses deux tasses de cafés qu'il posa sur le dessus d'un placard.
- Oui, je suis un drogué, junkie, tout ce que tu voudras, mais je l'assume. Oui, je suis malade, et dépendant, mais, contrairement à d'autres personnes, j'ai une grande force mentale et la drogue ne l'a point altérée. Je ne suis ni fou, ni agressif, c'est vrai que je suis parfois dépressif mais avec tous les problèmes que j'ai, c'est compréhensible non ?? Putain !!
Il se laissa tomber au sol en pleurant. Je m'en voulais de l'avoir fait pleurer, alors je me suis levée, et je l'ai prit dans mes bras.
- Désolé, Bill, mais je voulais voir ça. Je ne te prends pas pour un fou. Tu sais, quand on te voit, on voit un garçon plein d'énergie et de gaieté ! Je sais que tu es quelqu'un de bien et de profondément gentil. La preuve ! Tu m'offres un abri, tu me sauves alors que tu aurais pu me laisser mourir. Je ne te juge pas, au contraire, je... je t'apprécie beaucoup.
- Merci, dit-il en ravalant ces larmes, merci de me comprendre.
- Comment pourrais ne pas le faire ?
- Je ne sais pas.
Il s'est relevé et a prit les tasses de thé. Il me tendit la mienne.
- Merci, dis-je.
On est retourné s'asseoir sur son matelas. Soudain une question me traversa l'esprit... Où est-ce que je vais dormir ?? J'avais envie de lui poser mais ça faisait plutôt bête. Tampis, je me lance.
- Au faîte, où est-ce que je vais... dormir ?
Il m'a regardé avec un grand sourire. Pervers...
- Ben, ce n'est pas que j'ai des idées derrière la tête, mais, à part le canapé pas très confortable, tu peux dormir avec moi !
- Ouais, du moment que je dors !
J'avais une pensée très secrète comme quoi je me réjouissais de dormir avec lui... Mais, bien sûr, je le gardais pour moi. J'ai regardé ma montre : 4h00 !!! Soudain, un bruit en bas se fit entendre. C'était la porte d'entrée. Le stress grimpa d'un coup ! C'était eux. Bill me tendit la main, et m'aida à me relever. Puis, nous sommes descendus en bas. Ils étaient là. Ils se déshabillaient et mettaient leurs vêtements au porte manteaux.
- Salut ! s'exclama Bill, voici Rose, je l'ai empêché de sauter du Brighton Pier, et elle n'avait aucun endroit où dormir, alors je l'ai emmenée ici. Vous êtes d'accord pour qu'elle reste ?? Elle trouvera un travail.
- Pas de problème !!! s'écria Elise, plus on est de fou plus on rit !
- Je m'en fous complètement, dis Mike, en se dirigeant vers le frigo.
Ca jeta un froid dans la pièce qui se brisa grâce à...
- Salut toi ! Moi c'est John, le meilleur pote de l'abruti...
- Hey !! C'est toi l'abruti...
- ... Enchanté te connaître ! continua John, je te montrerais mes talents de dragueur si tu veux !!
- Sans façon, dis-je ne rigolant.
- Et moi c'est Jerry, t'es la bienvenue parmi nous.
- Merci beaucoup, les remerciai-je en toute sincérité.
- Bon, dit Bill, je vais me coucher car là, je tombe de fatigue.
- Oh, mon petit chou, dit Elise en le prenant dans ses bras, qu'est-ce que t'as mangé aujourd'hui ?
- Pas grand-chose mais je mangerais demain car là, je sens que je vais tomber. Rose ? Tu veux venir ou...
- Oui, je veux bien, répondis-je précipitamment, je suis morte moi aussi.
- Ok ! Ben bonne nuit tout le monde !!!
- Bonne nuit, répondirent-ils tous en ch½ur.
Bill et moi, on est montés en haut, puis, il m'a laissé me mettre en pyjama mais...
- Heu... Bill ? T'as pas un vieux T-shirt car j'ai rien pour dormir ?
- Ouais, je dois avoir ça.
Il fouilla dans l'armoire et me passa un T-shirt XXL de Mike, qu'il ne mettait jamais d'après ce qu'il me dit. Puis, il me laissa me changer, et je me suis direct coucher côté mur, en faîte j'étais morte de trouille de dormir avec lui-même s'il n'allait rien ce passer. Puis, il est revenu avec un vieux pyjama large qui lui tombait en bas des hanches et un T-shirt vachement moulant, qui laissait son bas-ventre à découvert. Il était mince, frêle, si craquant, mais si fragile. Il s'est allongé à mes côtés. Il était démaquillé mais tellement beau. Je n'arrêtais pas de le regarder, j'avoue, je ne pouvais pas m'en empêcher. Et il l'avait très bien remarqué. Je n'osais pas bouger. Puis, je lui ai dit en me tournant de son côté :
- Merci de m'avoir sauvé Bill, sans toi, je ne serais pas là... et j'aurais perdu la chance que ma vie soie plus belle.
- Peut-être qu'elle le sera désormais ?
- Oui, elle le sera, puisque tu es là.
Il m'a regardé avec un air attendri puis, à ma grande surprise, il s'est tourné vers moi, et m'a prit dans ses bras. Je me suis blottie au creux de son cou, et j'ai passé un bras autour de sa taille. C'était trop tard, à peine m'avait t-il serré sans ses bras, que je l'aimais déjà. Un feu en moi s'alluma, le même que dans le bus, mais sa chaleur était beaucoup plus forte. J'étais tombée dingue de lui, sentant son souffle au creux de moi. C'était sa chaleur qui allumait ce feu en moi, à chaque fois qu'il s'approchait. Désormais, je savais que ma vie sera plus belle. De toute façon, l'avenir appartient à ceux qui rêvent trop, et comme me disait Bill, vivez chaque seconde comme si celle-ci allait être la dernière... Comme si demain, pour vous, tout s'arrêtait...
suite chap 2
# Posté le samedi 22 mars 2008 13:16